A toute volée

René-Michel Desergy - Illustrations de Carlo

290,00 

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Grand in-8 broché, 14 x 22,5 cm. 254-(2) pp. Couv. illustrée par Carlo en rouge et noir. Complet des 12 illustrations hors-texte en noir sur papier couché de CARLO. Librairie Artistique et Parisienne réunies, 66 boulevard Magenta, Paris (Xe), 1936.
Edition originale.
Bon exemplaire, dos strié, petites tâches en couverture sans altérer le dessin, morsure en coiffe inférieure.

Texte typique de la littérature flagellante, par un spécialiste de la Librairie Artistique. Il s’agit d’une confession à la première personne de Roberte, initiée par son précepteur aux joies de la soumission, du fouet, des orties, du clystère. Le roman est suivi de deux longues lettres de lecteurs. L’intérêt majeur de ce livre réside dans l’illustration de Carlo, probablement le plus célèbre illustrateur français de sadomasochisme, l’un des plus talentueux et novateur. Son génie dépassa largement les frontières et il inspira toute l’école américaine d’après-guerre (John Willie, la Nutrix, Eneg, Stanton…). Il avait débuté, sous le nom de Charléno, dans la presse humoristique, avant de devenir dans les années trente, pour la Librairie Artistique, le fascinant Carlo, créateur de tenues fétichistes affolantes, inventeur de tortures raffinées. Ses titres de gloire sont les romans très SM d’Alan Mac Clyde (Despotisme féminin, Dolly esclave par exemple). A toute volée, qui est probablement son dernier travail (il mourra peu après), illustre un univers érotique plus doux mais tout aussi sensuel. Robert Mérodack, à propos de ce titre, écrit : « Partie d’un raffinement aux antipodes de l’inspiration de Charléno, l’œuvre de Carlo parvient à une réconciliation de ses deux tendances. Cela tient en partie aux auteurs qu’il illustre : contrairement à l’esclavage qui se passe nécessairement dans le monde sophistiqué des puissants, l’éducation anglaise s’accommode fort bien de personnages populaires. L’on remarquera cependant comment les héroïnes dessinées dans Dolly esclave et La Madone du cuir verni, n’exhibent plus avec la même fierté les gaines étroites qui ravissaient leurs consœurs de Servitude ou du Cuir triomphant. Les beautés de La Guinguette aux Orties et d’A toute volée ne s’encombrent plus de corsets rigides ; leur charme ne vient plus des contraintes qu’elles imposent à leur silhouette, mais au contraire de la liberté de leurs mouvements, tout comme dans les dessins coquins signés Charléno. » (Carlo, éditions Dominique Leroy, Paris, 1984, p. 94).
C’est l’un des titres de Carlo les plus rares de la collection.